Dépasser la limite de 5 km/h ne retire aucun point. Dépasser de 50 km/h est un délit pénal passible de 3 mois de prison. Entre les deux, six paliers d'amendes et de retraits de points obéissent à un barème précis. Et depuis fin 2025, le seuil du délit a été abaissé : l'excès de 50 km/h ou plus est requalifié en délit de grande vitesse, même pour un premier fait.
Le montant de l'amende dépend de la tranche de dépassement mais aussi du délai de paiement. Payez sous 15 jours : amende minorée. Dépassez 45 jours : amende majorée, parfois du simple au double. Le barème est connu, les modalités de paiement le sont moins.
Ce guide détaille le barème complet, les points retirés par tranche, les cas de suspension et d'annulation de permis, le régime de la récidive, les radars et les voies de contestation. Avec un tableau clair et les règles de chaque palier.
Le barème complet des excès de vitesse
Le barème distingue six tranches de dépassement. Le nombre de points retirés et le montant de l'amende augmentent avec la gravité de l'infraction. La marge technique de 5 km/h (en dessous de 100 km/h) ou de 5 % (au-dessus de 100 km/h) est déduite automatiquement par le radar avant le traitement de l'infraction.
| Dépassement (après marge) | Amende forfaitaire | Amende minorée | Amende majorée | Points retirés | Suspension permis |
|---|---|---|---|---|---|
| Moins de 5 km/h (hors agglo) | 68 € | 45 € | 180 € | 0 point | Non |
| Moins de 5 km/h (en agglo) | 135 € | 90 € | 375 € | 0 point | Non |
| 5 à 19 km/h | 135 € | 90 € | 375 € | 1 point | Non |
| 20 à 29 km/h | 135 € | 90 € | 375 € | 2 points | Non |
| 30 à 39 km/h | 135 € | 90 € | 375 € | 3 points | Possible (jusqu'à 3 ans) |
| 40 à 49 km/h | 135 € | 90 € | 375 € | 4 points | Possible (jusqu'à 3 ans) |
| 50 km/h et plus | Jusqu'à 1 500 € | — | — | 6 points | Jusqu'à 3 ans + confiscation possible |
Le tableau se lit après application de la marge technique. Si un radar vous flashe à 137 km/h dans une zone à 130, la vitesse retenue est de 132 km/h (137 - 5 %). Le dépassement est de 2 km/h : première tranche, 68 euros, aucun point retiré.
Les petits excès de vitesse (moins de 5 km/h)
Un excès de moins de 5 km/h (après marge technique) ne retire aucun point de permis. C'est la seule tranche qui épargne le capital de points. En revanche, l'amende n'est pas nulle.
Hors agglomération : contravention de 2e classe, amende forfaitaire de 68 euros (minorée à 45 euros, majorée à 180 euros). En agglomération (zone à 50 km/h ou 30 km/h) : contravention de 4e classe, amende forfaitaire de 135 euros.
La différence de traitement entre agglomération et hors agglomération est souvent ignorée. Rouler à 56 km/h (retenu : 51) dans une zone à 50 coûte 135 euros et zéro point. Rouler à 96 km/h (retenu : 91) sur une nationale à 90 coûte 68 euros et zéro point. Le montant double en ville.
Les excès modérés (5 à 29 km/h)
De 5 à 19 km/h : 1 point retiré
C'est la tranche la plus fréquente. Un dépassement de 5 à 19 km/h après marge entraîne une contravention de 4e classe (135 euros forfaitaire) et le retrait de 1 point. Pas de suspension de permis possible.
Concrètement : rouler à 109 km/h (retenu : 103) dans une zone à 90, ou à 155 km/h (retenu : 147) sur autoroute à 130. Un seul point retiré, mais 135 euros (ou 90 en paiement rapide).
Le point retiré est récupéré automatiquement après 6 mois sans infraction avec retrait de points. Si vous commettez une autre infraction dans les 6 mois, le délai repart à zéro.
De 20 à 29 km/h : 2 points retirés
L'amende reste à 135 euros (contravention de 4e classe), mais 2 points sont retirés. Toujours pas de suspension possible. C'est la dernière tranche avant que le permis ne soit menacé directement.
Les 2 points retirés sont récupérés après 2 ans sans infraction avec retrait de points. Pour accélérer la récupération, un stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu'à 4 points (dans la limite du plafond de 12).
Les grands excès de vitesse (30 à 49 km/h)
De 30 à 39 km/h : 3 points + suspension possible
Le palier de 30 km/h marque un changement de régime. L'amende forfaitaire reste à 135 euros (contravention de 4e classe), mais 3 points sont retirés et le préfet peut prononcer une suspension du permis de conduire pouvant aller jusqu'à 3 ans.
La suspension n'est pas automatique. Elle est décidée au cas par cas, généralement lors de récidive ou de circonstances aggravantes (zone scolaire, conditions météorologiques dégradées). En première infraction, la suspension est rare pour un excès de 30 à 39 km/h. Mais elle est possible : le préfet dispose d'un pouvoir discrétionnaire.
De 40 à 49 km/h : 4 points + suspension probable
Même classe d'amende (135 euros), mais 4 points retirés. La suspension de permis devient plus probable, surtout en agglomération. Le juge peut être saisi et prononcer une suspension judiciaire de 3 ans maximum, assortie d'une obligation de stage et d'un examen médical.
Un excès de 40 à 49 km/h sur autoroute (vitesse retenue : 170 à 179 km/h) et en agglomération (vitesse retenue : 90 à 99 km/h en zone 50) ne sont pas traités de la même façon par les magistrats. En ville, les circonstances aggravantes sont quasi systématiquement retenues.
4 points retirés d'un coup, c'est un tiers du capital de points d'un permis complet (12 points). Pour un permis probatoire (6 points les deux premières années), c'est les deux tiers. Un jeune conducteur peut perdre son permis avec un seul grand excès.
50 km/h et plus : le délit pénal
Depuis la loi de fin 2025, un excès de vitesse de 50 km/h ou plus constitue un délit, même en première infraction. Ce n'est plus une simple contravention. Le conducteur est poursuivi devant le tribunal correctionnel.
Les sanctions encourues
- Amende : jusqu'à 1 500 euros (3 750 euros en récidive)
- Retrait de points : 6 points (la moitié du capital total)
- Suspension du permis : jusqu'à 3 ans, sans sursis ni aménagement possible pour la partie ferme
- Confiscation du véhicule : possible, le véhicule appartenant au conducteur peut être saisi et vendu
- Peine de prison : jusqu'à 3 mois d'emprisonnement (6 mois en récidive)
- Stage obligatoire : stage de sensibilisation à la sécurité routière aux frais du conducteur
- Annulation du permis : le juge peut prononcer l'annulation avec interdiction de repasser le permis pendant 3 ans maximum
Rouler à 185 km/h (retenu : 176) sur autoroute ou à 105 km/h (retenu : 100) en zone 50 relève du même régime pénal. Le casier judiciaire est impacté : la condamnation figure au bulletin n°2, consultable par certains employeurs (transports, sécurité).
La récidive
En cas de deuxième excès de 50 km/h ou plus dans les 3 ans, les peines sont doublées :
- Amende : jusqu'à 3 750 euros
- Prison : jusqu'à 6 mois
- Confiscation obligatoire du véhicule
- Annulation du permis avec interdiction de repasser pendant 3 ans
Le véhicule est saisi immédiatement lors du contrôle. Le conducteur repart à pied. La confiscation devient définitive après la condamnation, sauf si le véhicule appartient à un tiers (employeur, loueur).
Amende minorée, forfaitaire, majorée : les délais de paiement
Le montant de l'amende dépend de la rapidité de paiement. Le système prévoit trois niveaux :
| Délai de paiement | Type | Contravention 2e classe | Contravention 4e classe |
|---|---|---|---|
| Sous 15 jours (30 j si télépaiement) | Amende minorée | 45 € | 90 € |
| 15 à 45 jours | Amende forfaitaire | 68 € | 135 € |
| Au-delà de 45 jours | Amende majorée | 180 € | 375 € |
Le gain entre l'amende minorée et l'amende forfaitaire est de 33 %. Entre l'amende forfaitaire et l'amende majorée, le montant presque triple. Un excès de 15 km/h payé sous 15 jours coûte 90 euros. Payé après 45 jours : 375 euros. L'oubli ou la négligence coûte cher.
Le paiement s'effectue en ligne sur amendes.gouv.fr, par téléphone, par chèque ou par timbre fiscal. Le délai de 15 jours court à partir de la date d'envoi de l'avis de contravention (le cachet postal fait foi, pas la date de réception).
Attention : le paiement de l'amende vaut reconnaissance de l'infraction. Si vous souhaitez contester, ne payez pas. Le paiement et la contestation sont incompatibles.
La suspension du permis de conduire
Deux types de suspension existent : la suspension administrative (décidée par le préfet) et la suspension judiciaire (prononcée par le tribunal).
Suspension administrative
Le préfet peut suspendre le permis dans un délai de 72 heures après l'infraction, avant même le passage devant le tribunal. La durée maximale est de 6 mois (1 an en cas d'accident corporel). Cette suspension est provisoire et indépendante de la décision judiciaire qui suivra.
La suspension administrative est systématique pour les excès de 40 km/h et plus. Elle est fréquente pour les excès de 30 à 39 km/h en agglomération. Elle est rare pour les excès de 30 à 39 km/h hors agglomération.
Suspension judiciaire
Le tribunal peut prononcer une suspension de 3 ans maximum pour un excès de 30 km/h et plus. La durée dépend de la gravité des faits, du casier du conducteur et des circonstances. Le juge peut assortir la suspension d'un aménagement (permis blanc pour le travail), sauf pour les excès de 50 km/h et plus où l'aménagement est exclu pour la partie ferme.
Conduire avec un permis suspendu est un délit puni de 2 ans de prison et 4 500 euros d'amende. Le véhicule est confisqué et le permis annulé.
Les différents types de radars
La France compte environ 4 700 radars fixes et mobiles. Le parc se diversifie depuis 2019 avec l'arrivée des radars tourelles et des voitures-radar externalisées.
Radars fixes (cabines). Les plus anciens et les plus connus. Ils contrôlent la vitesse en un point précis. Signalés par des panneaux depuis 2013, ils sont géolocalisés dans les GPS et les applications Waze et Google Maps. Leur efficacité repose sur la dissuasion plus que sur la verbalisation.
Radars tourelles. Nouvelle génération installée depuis 2019. Ils peuvent contrôler plusieurs voies simultanément et dans les deux sens de circulation. Certains modèles détectent aussi le franchissement de feu rouge et la circulation sur voie de bus. Leur portée atteint 200 mètres.
Radars tronçons (vitesse moyenne). Deux caméras espacées de 2 à 20 km mesurent le temps de parcours et calculent la vitesse moyenne. Ralentir devant la première caméra ne sert à rien : c'est la moyenne sur l'ensemble du tronçon qui compte.
Voitures-radar privatisées. Des véhicules banalisés équipés d'un radar embarqué circulent dans le flux de circulation. Depuis 2018, la conduite de ces véhicules est confiée à des sociétés privées (sous contrôle de l'État). Le radar flashe automatiquement tout véhicule en excès. Pas de signalisation, pas de GPS fiable : ces radars sont indétectables.
Radars mobiles (jumelles). Utilisés lors des contrôles de police en bord de route. L'agent pointe le véhicule avec un laser et relève la vitesse instantanée. Le contrôle peut être effectué avec ou sans interpellation. Si l'interpellation n'a pas lieu, l'avis de contravention est envoyé par courrier.
Contester un excès de vitesse
La contestation est un droit. Elle s'exerce dans un délai de 45 jours à compter de l'envoi de l'avis de contravention. Deux conditions impératives : ne pas payer l'amende (le paiement vaut reconnaissance) et consigner le montant de l'amende forfaitaire (un chèque encaissé uniquement en cas de rejet de la contestation).
Les motifs recevables
- Vous n'étiez pas le conducteur. Vous désignez le conducteur effectif (conjoint, enfant, collègue). L'amende est transférée. Depuis 2017, les entreprises ont l'obligation de désigner le conducteur sous peine d'amende de 750 euros.
- Le véhicule a été volé ou détruit. Fournissez le récépissé de plainte pour vol ou le certificat de destruction.
- Erreur matérielle. Plaque mal lue par le radar, véhicule différent sur la photo, erreur d'identification. Demandez le cliché photographique au Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR).
- Vice de procédure. Défaut de signalisation du radar (pour les radars fixes), absence de vérification métrologique (le radar doit être vérifié annuellement), erreur dans la rédaction du procès-verbal.
La procédure
- Ne payez pas l'amende
- Consignez le montant de l'amende forfaitaire (chèque à l'ordre du Trésor public, encaissé uniquement en cas de rejet)
- Remplissez le formulaire de requête en exonération joint à l'avis (ou disponible sur amendes.gouv.fr)
- Joignez les pièces justificatives (récépissé de plainte, attestation du conducteur effectif, cliché photographique)
- Envoyez par lettre recommandée avec accusé de réception au CACIR (Rennes)
Le délai de traitement varie de 3 à 18 mois. Si la contestation est acceptée, la consignation est remboursée. Si elle est rejetée, l'affaire est renvoyée devant le tribunal de police. Le juge peut confirmer l'amende, la majorer, ou relaxer le conducteur.
La contestation aboutit dans environ 30 % des cas, principalement sur le motif « je n'étais pas le conducteur ». Les contestations pour vice de procédure sont plus rares mais peuvent aboutir si le radar n'a pas été vérifié dans les délais réglementaires.
Comment récupérer ses points
Le permis de conduire compte 12 points (6 pour les permis probatoires). Les points retirés sont récupérables par deux voies.
Récupération automatique. Après un délai sans nouvelle infraction entraînant un retrait de points, les points sont restitués. Le délai varie selon la gravité de la dernière infraction :
- Infraction à 1 point : récupération du point après 6 mois sans infraction
- Infraction à 2 ou 3 points (contravention de 4e classe) : récupération totale après 2 ans sans infraction
- Infraction à 4 ou 6 points (contravention de 5e classe ou délit) : récupération totale après 3 ans sans infraction
Le délai court à partir de la date de la dernière infraction entraînant un retrait, pas à partir du paiement de l'amende. Toute nouvelle infraction avec retrait de points remet le compteur à zéro.
Stage de sensibilisation. Un stage volontaire de 2 jours (environ 250 euros) permet de récupérer jusqu'à 4 points, dans la limite du plafond de 12. Le stage est réalisable une fois tous les ans (délai entre deux stages). Pour les permis probatoires, le stage est obligatoire après un retrait de 3 points ou plus.
Pour un guide complet sur les radars en France, les points du permis et la récupération de points, des articles dédiés sont en préparation sur le blog.
Questions fréquentes
La marge technique est-elle appliquée automatiquement ?
Oui. La marge est de 5 km/h pour les vitesses retenues inférieures à 100 km/h, et de 5 % pour les vitesses retenues à 100 km/h et au-dessus. Elle est déduite avant la constatation de l'infraction. Si un radar vous flashe à 95 km/h dans une zone à 90, la vitesse retenue est de 90 km/h : pas d'infraction. À 96 km/h, la vitesse retenue est de 91 km/h : excès de 1 km/h.
Un excès de moins de 5 km/h retire-t-il des points ?
Non. C'est la seule tranche qui ne retire aucun point. L'amende reste due (68 euros hors agglomération, 135 euros en agglomération), mais le capital de points est préservé.
Que se passe-t-il si je perds tous mes points ?
Le permis est invalidé. Vous recevez une lettre 48SI du ministère de l'Intérieur. Vous disposez de 10 jours pour restituer votre permis à la préfecture. Conduire après invalidation est un délit puni de 2 ans de prison et 4 500 euros d'amende. Pour repasser le permis, il faut attendre 6 mois et passer un examen psychotechnique et une visite médicale.
Les radars tronçons fonctionnent-ils vraiment ?
Oui. Ils mesurent le temps de parcours entre deux points et calculent la vitesse moyenne. Ralentir devant la première caméra puis accélérer est inutile : c'est la moyenne qui compte. Ces radars sont très efficaces sur les zones longues (tunnels, portions de 5 à 20 km). Ils flashent dans les deux sens de circulation et couvrent plusieurs voies.
Puis-je payer l'amende en plusieurs fois ?
Les amendes forfaitaires et minorées sont payables en une seule fois. Les amendes majorées (au-delà de 45 jours) peuvent faire l'objet d'un échelonnement auprès du comptable public (Trésor public). La demande d'échelonnement doit être motivée (difficultés financières) et adressée à la trésorerie dont dépend votre domicile.
Mon employeur peut-il refuser de désigner le conducteur ?
Non. Depuis 2017, le représentant légal d'une personne morale (entreprise, association) a l'obligation de désigner le conducteur dans un délai de 45 jours. Le refus de désignation est puni d'une amende de 750 euros (contravention de 4e classe). Cette obligation s'applique aussi aux loueurs de véhicules.
Un excès de vitesse en zone de travaux est-il plus sévèrement puni ?
Le barème des amendes et des retraits de points est identique. En revanche, les juges retiennent souvent la zone de travaux comme circonstance aggravante lors de la fixation de la peine (suspension plus longue, stage obligatoire). La présence d'ouvriers sur la chaussée peut entraîner une requalification en mise en danger de la vie d'autrui (délit puni d'1 an de prison).
Les excès de vitesse à l'étranger sont-ils transmis à la France ?
Oui, pour la plupart des pays européens. La directive 2015/413/UE organise l'échange transfrontalier de données. Si vous êtes flashé en Espagne, en Italie, en Belgique ou en Allemagne, l'amende arrive à votre domicile français. En revanche, les points ne sont pas retirés : seule une juridiction française peut retirer des points sur un permis français. Vous payez l'amende étrangère, mais votre solde de points reste intact.
La vitesse est le facteur aggravant dans 30 % des accidents mortels en France. Les amendes et les retraits de points sont les leviers utilisés par les pouvoirs publics pour contenir ce risque. Pour aller plus loin sur la réglementation routière, consultez notre guide des ZFE en France et les articles à venir sur le permis à points et les radars.
Sources : Code de la route (articles R413-14 à R413-17), Sécurité routière (sécurité-routiere.gouv.fr), Direction générale des finances publiques. Données mises à jour avec la loi de fin 2025 requalifiant l'excès de 50 km/h en délit.